Place aux vieux

Selon le Département des affaires économiques et sociale des Nations Unis le monde comptait en 2015, environ un demi-million de personnes âgées d’au moins 100 ans soit quatre fois plus qu’en 1990, ce nombre devrait s’approcher des 4 millions à l’horizon 2050 et dépasser les 20 millions à la fin du siècle. En 2015, on recensait au Japon, 4,8 centenaires pour 10.000 habitants, contre 3,1 en France, 2,2 aux USA et moins de 1 dans les pays émergents qui n’ont pas terminé leur transition démographique. D’ici la fin du siècle, ces chiffres seront multipliés par 10 voire davantage.

L’augmentation spectaculaire du nombre de centenaires illustre un phénomène plus général : la planète vieillit. Au Japon la part des plus de 60 ans atteignait déjà 33% en 2015. Cette même année, en Europe, les plus de 60 ans représentaient 29% en Italie, 27% en Allemagne et 25% en France. En Amérique, le Canada et les USA, pays où la natalité se maintient et où l’immigration joue un rôle, la part des plus de 60 ans représentait respectivement 22 et 21%. En Chine, les plus de 60 ans représentaient 15% de la population alors qu’en Inde émergeante ils ne représentaient que 9% des indiens. En Afrique, où la transition démographique démarre à peine, seuls 4% des Nigérians avaient plus de 60 ans en 2015.

Entre 2050 et 2100 tous les pays devraient converger et compter un gros tiers de seniors de plus de 60 ans dans leurs populations. Seule l’Afrique n’aura pas encore achevé son évolution comme l’illustre ci-dessous le cas du Nigéria où le taux de personnes de plus de 60 ans, toujours en progression soutenue, ne sera encore que de 15% à la fin du siècle.
Le vieillissement de la population humaine est caractéristique de la transition démographique que connaissent tous les continents et tous les pays les uns après les autres.

 

Les progrès en matière de santé publique et de nutrition se traduisent par une baisse de la mortalité d’où un allongement de l’espérance de vie et davantage de personnes âgées. Dans un premier temps, la mortalité baisse mais le taux de natalité reste encore élevé : la population s’accroit. Dans un deuxième temps, la natalité baisse à son tour jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre s’établisse. Ce sont ces deux paramètres conjugués qui expliquent le fort accroissement actuel de la population mondiale.

 

En Europe, le taux annuel de mortalité a commencé de diminuer dès le 19ème siècle pour finalement se stabiliser actuellement autour 11 décès pour 1000 habitants. Avec un décalage de quelques décennies, le taux de natalité a baissé à son tour, marquant le signal de la fin de la transition démographique de l’Europe. De 22 naissances pour 1000 habitants en 1950, le taux de natalité est passé à environ 10,5‰ au début des années 2000. Le babyboom d’après-guerre n’aura pas suffi à affecter durablement et profondément la tendance de fond.

En Amérique du nord, le taux de natalité qui était de 24‰ en 1950 est passé à 12‰ en 2015, un taux proche du niveau européen. Avec un taux de mortalité qui est stable vers 9‰ depuis le milieu du 20ème siècle et une politique d’immigration encore ouverte, la population de l’Amérique continue de croître.

En Amérique latine, le taux de mortalité est passé de 16‰ en 1950 à 6‰ en 2015. La natalité a suivi cette baisse avec comme toujours un décalage temporel, passant de 43‰ en 1950 à 18‰ en 2015, des taux qui indiquent que la transition est toujours en cours.

En Asie, le taux de mortalité, qui était encore de 22 morts par an pour 1000 habitants en 1950, a maintenant rejoint celui des européens mais le repli du taux de natalité n’est pas terminé. Le nombre naissances pour 1000 habitants est passé de 42 en 1950, à 17 en 2015. Selon les projections des Nations-Unis, les taux de mortalité et de natalité de l’Asie ne rejoindront ceux de l’Europe que vers 2050, la Chine un peu avant, l’Inde un peu après.

En Afrique, le taux de mortalité annuelle était de 27 morts pour 1000 habitants en 1950, malgré les problèmes spécifiques du continent, ce taux a rejoint celui des européens vers 2010 et, toujours selon les Nations-Unies, il devrait atteindre les 6‰ aux environs de 2050 compte tenu de la part importante de la jeunesse dans la population.

La deuxième phase de la transition démographique a également commencé en Afrique : le taux de natalité qui était de 48 naissances pour 1000 habitants en 1950 est actuellement d’environ 33 naissances pour 1000 habitants, il devrait diminuer aux alentours de 23‰ en 2050 et de 15‰ en 2100. Ce n’est qu’au début du 22ème siècle que l’Afrique devrait terminer sa transition démographique.

A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


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