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Couveerture du livre L'avenir en perspective de Jacques Carles et michel Granger

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Le consommateur restera roi

 

Globalement le monde évolue vers davantage de prospérité. Des classes moyennes apparaissent en Chine, en Inde, au Brésil et dans nombre de pays émergents. L’économie du savoir s’impose progressivement partout et prend le relai de l’agriculture et de l’industrie comme moteur du développement. Les consommateurs deviennent davantage demandeurs de services et de produits liés à la santé, à la qualité de vie, à la culture et aux loisirs. Ils attachent davantage d’importance aux facteurs environnementaux, au bien-être animal, etc.
Par ailleurs l’augmentation général de l’instruction, la montée de l’individualisme et le souhait de chacun de participer aux décisions qui le concerne amèneront le client à vouloir toujours davantage personnaliser les produits qu’il achète que ce soit sa voiture, les vacances organisées sur mesure par son agence de voyage, les services de sa banques, etc.

Malgré les évolutions des produits et services demandés, les attentes fondamentales des consommateurs (délais, qualité, fonctionnalités, prix) des produits et des services ne changeront pas de nature mais de degré : les délais exigés pour les livraisons seront de plus en plus courts, le zéro défaut sera la norme absolue et les caractéristiques du produits devront être conformes aux promesses du marketing. Par ailleurs les normes environnementales et sociales s’imposeront également à l’ensemble de la planète d’ici à 2050.

 D’autres attentes se renforceront comme la sécurité des données fournies par les clients aux systèmes informatiques et le respect de la confidentialité de ces données. Plus encore qu’aujourd’hui, toute défaillance dans ce domaine altérera la confiance des clients et pourra avoir des conséquences dramatiques pour l’entreprise.
Avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle, les consommateurs exigeront la transparence en ce qui concerne les algorithmes qui traqueront nos comportements d’achats, nos modes de vies, voire nos pensées. Ces algorithmes devront être cohérents avec les valeurs et l’éthique de la société. Une exigence d’autant plus forte que la technologie apparaitra comme intrusive malgré l’affichage d’intentions louables. Par exemple nous pouvons admettre voire désirer la mise au point de nano robots connectés qui circuleront dans notre sang ou dans notre cerveau, pour détruire les agents pathogènes, corriger les erreurs de notre ADN, éliminer les toxines et effectuer toutes sortes d'autres tâches pour améliorer notre bien-être physique. Mais comme souvent tout progrès a aussi son revers de médaille, le risque existe de voir de tels nano robots se connecter aux service de marketing des grandes firmes commerciales avec des visées manipulatrices. Pire, on ne peut exclure des tentatives d’emprise de nos pensées par les pouvoirs politiques.

L’internet et l’importance de l’immatériel dans l’économie continuera par ailleurs de modifier considérablement les termes de l’échange. La caractéristique des produits immatériels est que le coût de production d’une unité supplémentaire, le coût marginal, est pratiquement nul. Les coûts de productions sont essentiellement des frais fixes. Aussi, comme l’illustre Serge Soudoplatoff,[1] quand on partage un bien matériel il se divise : si on prend une pizza et qu’on la divise en quatre chacun a un quart de pizza ; quand on partage un bien immatériel il se multiplie : si on prend un fichier mp3 qu’on envoie à dix personnes qui eux mêmes l’envoient à dix amis, tous les destinataires ont un fichier entier. Il s’ensuit de nouveaux modèles économiques où les services ou les produits sont gratuits et où les revenus sont tirés de fonctionnalité annexes. L’entreprise Google c’est d’abord un moteur de recherche gratuit de même que le succès de Facebook repose d’abord sur son libre usage.

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[1] Conférence à l’Ecole Normale Supérieure de Paris (février 2010)

 

A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


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