Nourrir la planète

La consommation de viande diminue dans les pays développés. La consommation d’insectes et d’algues se généralise sur tous les continents. Les circuits cours et les fermes urbaines se développent. La technologie produit de nouvelles formes d’alimentation : viande d’élevage, viande de culture, aliments imprimés, etc.

2050 : 10 milliards d’humains à nourrir

 

Durant les 30 dernières années, la population de la planète s’est accrue de 70% mais grâce aux progrès de la science et des techniques, les sources d’alimentations sont cependant aujourd’hui encore globalement[1] suffisantes pour nourrir les 7 milliards d’habitants que compte la planète. En 30 ans la ration alimentaire moyenne   de chaque humain s’est même accrue de quelque 10% et dépasse à présent 2800 kilocalories par jour. La famine a été divisée par 2 dans nombre de pays d’Afrique. L’Inde, pays de disette endémique au siècle dernier, a réussi sa « révolution verte » et est devenue aujourd’hui l'une des quatre plus grandes puissances agricoles au monde de par sa production de lait, de thé, de riz et de blé.
En 2050 la Terre sera peuplée d’environ dix milliards d’être humains soit trois milliards de plus qu’aujourd’hui. La plupart de cet accroissement aura lieu dans les pays en développement dont les revenus auront beaucoup augmenté et dont la population sera en grande partie urbaine. Selon la FAO[2], la ration alimentaire moyenne dépassera les 3000 kilocalories par personne et par jour. La demande en nourriture connaîtra alors de nouveaux sommets. La demande annuelle de céréales devrait ainsi atteindre 3 milliards de tonnes (+ 40%) et la consommation annuelle de viande devrait atteindre 455 millions de tonnes (+75%).

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Circuits courts et fermes urbaines

  Ferme urbaine en projet à Shanghaï

Actuellement on achète à Paris des haricots verts venant par avion d’Ethiopie ou des fraises venant du Sénégal tout comme à New-York on achète des kiwis de Nouvelle-Zélande ou des pousse de bambou de Thaïlande. La liste serait longue de ce qui apparaît déjà à beaucoup comme un contre-sens écologique. A l’avenir, les modèles de proximité s’imposeront par nécessité et les systèmes de production agricoles évolueront vers des systèmes biologiques et intégrés.

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Les algues comestibles

Les algues peuvent être des sources nutritionnelles intéressantes. Certaines sont des concentrés de protéine comme la spiruline qui contient près de 70% de son poids sec en protéines contre 30% pour la viande et 20% pour le poisson. Cinq grammes de cette algue en contiennent autant qu’un steak ou que deux œufs.
Avec plus de 27 millions de tonnes produites annuellement dans le monde, la consommation d’algues a été multipliée par 5 dans les 15 dernières années. Cette production correspond à une valeur marchande d’environ 6 milliards d’euros. L’essentiel (96% ) de ce tonnage provient de la culture d’algues dans les pays d’Asie (Chine, Indonésie, Philippines, Corée, Japon, etc.). La production européenne est marginale et la quasi-totalité de son tonnage provient de la collecte d’algues sauvages, essentiellement en Norvège, en Irlance et en France. Ailleurs dans le monde seul le Chili en Amérique du Sud et Zanzibar en Afrique ont une production quelque peu significative.

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De la viande d’élevage à la viande de culture

Viande cultivée
(source : culturedbeef.org)

Sur la base des tendances actuelles, la FAO prévoit que 110 milliards d’animaux devraient être abattus chaque année aux environ de 2050 contre actuellement 60 milliards d’animaux tués chaque année.
Ce scénario n’est cependant pas le plus probable. En occident, de nombreuses associations de végétariens ou de défense de la cause animale militent pour la réduction de la consommation de viande, d’autres, comme L214 en France, dénonce la maltraitance faite aux animaux lors de l’abatage et prépare les esprits à l’abandon de la viande comme source de protéines pour l’alimentation humaine. La hausse inévitable du prix de la viande accélèrera le phénomène et incitera de plus en plus de consommateurs a adopté un mode de vie végétarien voire vegan. De fait dans plusieurs pays occidentaux, la consommation de viande par habitant a déjà tendance à diminuer ces dernières années.
L'inversion de la répartition entre origines animale et végétale des apports en protéines est amorcée.

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La viande végétale

burger végétal
(source : impossiblefoods.com)

La viande végétale, est un produit alimentaire dont les qualités esthétiques (principalement la texture, la flaveur et l'apparence) et chimiques sont similaires à la viande. L'utilisation de ces substituts est populaire notamment chez les végétariens, les végans et les personnes qui veulent réduire leur consommation de viande pour des raisons de santé ou d'éthique, ainsi que chez les personnes qui suivent des règles alimentaires religieuses, comme le casher, l'halal ou dans la cuisine bouddhiste.
La majorité de ces substituts est à base de soja, de blé, de céréales, de petits pois, de plantes photosynthétiques diverses, de cultures bactériennes. Les champignons peuvent aussi être à la base de succédané de viande. Le Quorn, par exemple, est produit à partir du champignon Fusarium venenatum présent à l’état naturel dans le sol et découvert fortuitement en 1967, en Angleterre, sur de l’ergot du seigle. Il existe plusieurs conditionnements de Quorn, dont les cubes, du haché, des sticks, des filets, des filets panés, des burgers.

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Se nourrir avec les insectes ?

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, les insectes sont essentiels à la lutte contre la faim et la malnutrition. Leur élevage doit contribuer à la sécurité alimentaire de la planète [1].
En occident la consommation d’insectes n’est pas courante même si nous ingurgitons sans le savoir quelque 500 grammes d'insectes en moyenne par an et par personne, dissimulés dans les fruits, les confitures ou le pain. Ceci équivaut tout de même à 31.500 tonnes par an au niveau national français. La consommation de produits fabriqués par les insectes ou avec des insectes est par ailleurs une réalité que nous ne percevons même plus. C’est le cas du miel des abeilles par exemple ou de produits plus anecdotiques comme certains fromages corses ou le casu marzu de Sardaigne qui renferment des larves vivantes très appréciées des autochtones.
Ailleurs dans le monde, la consommation d’insectes est très répandue. Au moins deux milliards d’être humains mangent des insectes de façon régulière. Dans certains pays ce sont même des friandises.

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Aliments imprimés


machine à imprimer les aliments (source : Foodini/Natural Machines)

S’il est déjà possible de rassembler tous les nutriments nécessaires quotidiennement à l’homme dans une boisson, une gélule ou une dose de poudre, ce conditionnement ne soulève cependant pas l’enthousiasme. Même ceux ou celles qui ont horreur de faire la cuisine ne sont pas prêts à abandonner le plaisir du repas partagé en famille ou entre amis.
Par contre, comme le révèle une étude de chercheurs australiens de l’Université de Canberra, les aliments imprimés en 3D pourraient séduire.

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Des aliments fonctionnels au repas à boire

source : www.soylent.com

Après « alicaments » ces aliments censés nous apporté des bienfaits pour la santé, voici bientôt les aliments fonctionnels.
Au supermarché, physique ou en ligne, nous ne trouverons pas uniquement les rayons aliments pour bébé, nous verrons aussi des rayons spécifiques de divers segments de la population : aliments pour les femmes, pour les seniors, pour les hommes, pour les sportifs voir des produits alimentaires fabriqués sur mesure en fonction de votre propre génome ou de votre profil nutritionnel. Pour le goûter des enfants, les parents pourront réaliser ou faire réaliser sur le bon assortiments de minéraux, de vitamines et autres nutriments nécessaire à la croissance et à au bien-être de chacun de leur progéniture selon les indications de leur base de données nutrionnelles via un logiciel ou une application sur leur smartphone.
Rob Rhinehart, fondateur de la startup Soylent, va encore un peu plus loin. Pour cet un ingénieur californien, la nourriture utile à l’homme n’est qu’un mélange de molécules et on doit pouvoir économiser les étapes de la culture ou de l’élevage pour produire nos aliments.

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La Nouvelle Cuisine

 crevettes aux fourmis
(Restaurant Moma à Copenhague)

« La découverte d'un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la découverte d'une étoile » écrivait Jean-Anthelme Brillat-Savarin en 1825 dans son célèbre ouvrage sur « La physiologie du goût »

 La cuisine du futur sera toujours inventive et recherchera d’abord le plaisir du goût. Elle contiendra moins de la viande, naturelle ou cultivée mais davantage de légumes et d’algues. En 2050 le bio et le vegan seront devenus des segments de marché majeurs et les insectes se seront immiscés dans toutes les cuisines du monde, même en Occident. Le mouvement est d’ailleurs déjà lancé. Ainsi René Redzepi, le chef du Noma, le restaurant danois considéré comme la meilleure table du monde, vient d’introduire les insectes dans sa carte. Son entrée de crevettes fraîches et de fourmis en gelée a fait sensation. Au Black Ant, restaurant branché de Newyork, les fourmis noires frites remplacent les cacahuètes à l’apéritif et pour les plats principaux vous avez le choix, par exemple, entre d’appétissantes sauterelles épicées au chili ou de succulentes tortillas aux vers de palmier

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A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


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