L’habitat partagé

L’habitat du futur ne se contentera pas d’être écologiste et connecté. Il sera aussi de plus en plus partagé.

Dans le passé, plusieurs générations pouvaient vivre sous le même toit. La solidarité familiale s’exerçait vis à vis des aînés. Dans la mesure où la protection sociale n’était pas assurée par l’état, le contexte économique ne permettait pas de faire autrement. Aujourd’hui, dans de nombreux pays développés, l’état-providence et les maisons de retraite ont pris le relai mais pour combien de temps ?


Déjà dans aux Etats-Unis où la protection sociale est mise à mal suite aux diverses crises économiques qu’a connu le pays, il n’est plus rare de voir sous le même toit les parents, les enfants et les grands-parents. Selon un étude [1] réalisée à partir de l’analyses des données des recensements, près de un américain sur cinq, soit plus de 60 millions d’américains, vivent à présent dans un logement multigénérationnel  contre 25 millions il y a cinquante ans.
Les kommounalkas, ces appartements communautaires dans lesquels les soviétiques vivaient en partageant avec leurs voisins une cuisine ou des sanitaires, persistent encore dans certaines villes de Russie comme par exemple à Saint Pétersbourg. Paradoxalement, cette vie en communauté imposée par la pénurie soviétique séduit à présent en Occident. Chez les jeunes et les étudiants les colocations n’ont jamais été si populaires et la pratique s’étend à d’autres générations, sous diverses formes. Certains s’y résignent pour des impératifs économiques car le prix des logements ne cesse de monter partout, d’autres y voient la possibilité d’avoir une vie sociale plus riche ou tout simplement différente. La version moderne des kommounalkas ne se limitera pas à la cuisine et aux équipements électroménagers, elle pourra intégrer une chambre d’ami, un jardin partagé en toiture, un espace loisir multimedia, un espace remise en forme, etc.

Cette vie communautaire n’est pas une nouveauté. S’inspirant des idées du français Charles de Fourier et de son phalanstère, le premier Kibboutz est fondé en Palestine il y a plus de 100 ans. Les Kibboutz existent encore en Israël et fonctionnent toujours sur des principes égalitaires avec mise en commun de la propriété et de coopération entre les membres de la communauté dans les domaines de l'éducation, de la culture et du travail. Le Kibboutz fonctionne comme une famille élargie occupant un territoire villageois.

Les expériences modernes de vie communautaire conservent généralement les principe de mise en commun des équipements et le partage des tâches ménagères ou de l‘éducation des enfants du Kibboutz mais elles s’en éloignent sur certains points essentiels. Par exemple la liberté individuelle ou les pratiques sexuelles. Certains couples peuvent rester bien distincts dans une relation exclusive mais, dans d’autres communautés, ils peuvent évoluer vers des formes où les échanges de partenaires sont possibles.

________________________________

[1] Pew Research Center – Analysis of US Decennial Census data 1950 -2000 /2006-2014. American Community Survey (IPUMS)

A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


Futuroscopie.org

Contact

Pour nous faire part de vos commentaires, de vos suggestions, de vos critiques remarques ou encore pour nous proposer un texte pour publication, contactez nous :

contact@futuroscopie.org