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 Mission InSight : le lancement avec la fusée Atlas V s'est déroulé comme prévu le 5 mai 2018 depuis la base californienne de Vandenberg. Le voyage d'environ 485 millions de kilomètres devrait durer 6 mois pour une arrivée le 26 novembre 2018. L'astromobile qui sera déposé sur Mars aura pour objectif d'étudier le sous-sol profond de Mars, sa température et les vibrations grâce à un sismographe conçu par le CNES.

Mars : les challengers arrivent

Dès 2003 l'Agence spatiale européenne (ESA) lançait la sonde Mars Express pour étudier la planète rouge. La sonde, toujours active à ce jour, continue de donner des renseignements précis concernant la nature des calottes polaires, la composition de l'atmosphère martienne et les interactions de celle-ci avec le vent solaire. L’analyse du magnétisme résiduel de Mars et son effet sur l’ionosphère a par ailleurs permis de mieux comprendre l’histoire de Mars.

Au début Mars avait un noyau de métal liquide en mouvement qui par effet dynamo générait un champ magnétique, comme la Terre le fait encore aujourd’hui. En se refroidissant, le noyau s’est solidifié et l’effet dynamo a disparu. Des parties de roches martiennes, par un phénomène de ferro-magnétisme, ont toutefois été magnétisées et ces poches de magnétisme rémanent sont suffisamment puissantes pour perturber la ionosphère martienne. L’analyse fine de ce phénomène conduit à penser que le champ magnétique de Mars était à l’origine plus intense que celui de la terre.

Mars Express a également détecté la présence de minéraux hydratés ce qui a conforté l’hypothèse de la présence d’eau superficielle dans le passé de la planète.

Avec la première mission ExoMars, lancé en 2016 en coopération avec l’agence russe Roscosmos, l’Agence Européenne entreprend la recherche des traces d’une forme de vie extraterrestre sur Mars. Ce premier programme est décevant : si le satellite Trace Gas Orbiter (TGO) est bien placé en orbite pour analyser les gaz présents à l'état de traces dans l'atmosphère martienne, le module Schiaparelli qui devait être posé en douceur sur le sol martien se crashe brutalement le 19 octobre 2016. Les Européens et les Russes ne se découragent pas pour autant. Un nouvelle mission ExoMars est en préparation pour déposer à la surface de Mars une plateforme porteuse d’un véhicule de 310 kg équipé d’instruments scientifiques pour l’analyse d’échantillons prélevés par forage jusqu’à 2 mètres de profondeur. A cette profondeur, les molécules organiques traces d’une éventuelle vie passée sont préservés des rayonnements et autres effets d’altération qui se produisent en surface.

L’Inde est un autre outsider sérieux dans la conquête spatiale. En 2014, l'agence spatiale indienne (ISRO) a déjà réussi à placer une sonde, Mars Orbiter Mission (MOM), en orbite autour de la planète rouge. Cette tentative réussie du premier coup avec un engin spatial conçu en un temps record de trois ans avec un petit budget, montre l’efficacité et la créativité des ingénieurs indiens. L’Inde est le seul pays avec les Etats-Unis et l’Europe à avoir réussi à mettre une sonde en orbite autour de Mars.

L’Inde planifie une seconde mission martienne pour 2021-2022. Ce programme comporterait la dépose d’un robot astromobile sur le sol de Mars. Le CNES français pourrait être associé à l’opération.

La science et la recherche, notamment dans le domaine spatiale font parties des priorités affichées par le Premier Ministre indien, Narendra Modi. Le budget spatial, en forte augmentation, contient en outre des provisions pour développer dans la prochaine décennie les missions non seulement sur Mars mais aussi sur Vénus !

Contrairement à l’Inde, la Chine n’est pas encore parvenu à placer une sonde sur orbite martienne. Ses premières tentatives ont été des échecs. Dans les diverses manifestations spatiales internationales, elle annonce néanmoins sa volonté de poursuivre un programme d’exploration robotisée de Mars dans les années 2020 avec retour d’échantillons vers la Terre. Les vols habités et l’installation d’une base martienne sont envisagés à partir des années 2040. Les informations manquent néanmoins pour juger de la crédibilité de ces annonces.

 

A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


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