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 Mission InSight : le lancement avec la fusée Atlas V s'est déroulé comme prévu le 5 mai 2018 depuis la base californienne de Vandenberg. Le voyage d'environ 485 millions de kilomètres devrait durer 6 mois pour une arrivée le 26 novembre 2018. L'astromobile qui sera déposé sur Mars aura pour objectif d'étudier le sous-sol profond de Mars, sa température et les vibrations grâce à un sismographe conçu par le CNES.

L’émergence de la Chine spatiale

 

Avec la fin de la guerre froide, les crises économiques et la réduction des budgets spatiaux, l’enthousiasme des premiers temps pour la conquête de l’espace s’était quelque peu estompé mais en ce début de 21ème siècle les signes de relance de la conquête spatiale se multiplient. Cette fois le challenger de l’Amérique n’est plus l’Union soviétique mais la Chine. Outre des motivations de reconnaissance internationale et de fierté nationale, l’Empire du Milieu voit dans le secteur spatial un levier pour son développement économique.
La Chine est devenue véritablement une puissance spatiale au début de ce siècle avec l’envoi dans l’espace, en 2003, de son premier « taïkonaute ». Avec les Etats-Unis et la Russie, la Chine est toujours le seul autre pays à être parvenu à mettre un engin spatial habité en orbite avec ses propres moyens.

En 2011 Pékin a placé en orbite basse Tiangong 1 (« Palais céleste 1 »), un premier laboratoire spatial sans équipage développé par l’Agence spatiale chinoise (CNSA). Pendant ses deux années d’existence, Tiangong 1 a reçu la visite de plusieurs vaisseaux de type Shenzhou dont les caractéristiques sont très proches de celle du vaisseau russe Soyouz.
Deux ans après, en 2013, la Chine a réussi a posé en douceur sur la Lune sa sonde Chang'e-3[1] d’où est sorti le robot mobile Yutu (« lapin de jade » en mandarin) qui a arpenté le sol lunaire durant 31 mois et envoyé d’innombrable données aux scientifiques chinois. En 2016, la Chine, avec sa fusée, « Longue marche-2F », a réussi le lancement de Tiangong-2 depuis la base de Jiuquan, dans le désert de Gobi.  Positionnée sur une orbite à quelque 400 km de la Terre, son ravitaillement est assuré par un vaisseau Shenzhou-11.

La Chine utilise ses nouvelles compétences technologiques pour développer rapidement le secteur spatial de son économie. En 2017 elle a par exemple lancé depuis sa plateforme de Xichang, Alcomsat-1, le premier satellite de communication pour le compte de l’Algérie. Dans son plan quinquennal en cours, Pékin affiche d’ailleurs clairement ses ambitions pour développer ce secteur à fort potentiel et renforcer sa recherche dans les technologies novatrices susceptibles de lui donner un avantage concurrentiel.

Le programme spatial chinois comporte un volet dédié aux lanceurs spatiaux lourds pour augmenter leur efficacité et réduire leur coût d’exploitation grâce à la récupération des étages inférieurs. Concernant les satellites, trois axes prioritaires sont retenus : communication, surveillance, navigation-positionnement. L’objectif est de mettre au point des systèmes d’observation de la planète Terre avec une très haute résolution, de déployer à l’échelle mondiale son système de navigation (« Beidou ») concurrent du « GPS » américain et d’une façon générale, de développer les applications spatiales à vocation commerciale : téléphonie, télévision, météo, navigation maritime, télé-enseignement, télémédecine, sécurité publique et prévention des catastrophes, surveillance des cultures, etc.

La Chine annonce également un accroissement de ses investissements pour la maîtrise des vols habités dans l’espace circumlunaire pour être en mesure d’envoyer un homme sur la Lune vers 2025. Dans cette perspective elle construit une nouvelle base de lancement, sur l'île de Hainan, qui complètera les trois autres sites de tir déjà opérationnels en Chine (Jiuquan, Xichang and Taiyuan).

D’ici là, Pékin va multiplier les missions de type Chang'e d’abord pour approfondir l’exploration de la surface lunaire puis pour visiter Mars et ramener des échantillons du sol martien. Un programme similaire est envisagé pour les astéroïdes considérés comme source potentielle future de matières premières. La Chine annonce également pour la prochaine décennie une mission de survol de Jupiter voire d’Uranus et, à l’horizon 2045, une centrale solaire installée dans l'espace.

Enfin la Chine est aussi active sur l’espace lointain avec des programmes de recherche fondamentale en astronomie et astrophysique. Elle a ainsi mis en service, dans la province du Guizhou, le radiotélescope FAST[2], le plus grand du monde, avec une ouverture sphérique d'un diamètre de 500 mètres. Parmi les objectifs assignés à FAST, celui de rechercher les signes de vie intelligente en dehors de notre galaxie.

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[1] Du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise
[2] FAST : Five-hundred-metre Aperture Spherical Radio Telescope

A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


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