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 Mission InSight : le lancement avec la fusée Atlas V s'est déroulé comme prévu le 5 mai 2018 depuis la base californienne de Vandenberg. Le voyage d'environ 485 millions de kilomètres devrait durer 6 mois pour une arrivée le 26 novembre 2018. L'astromobile qui sera déposé sur Mars aura pour objectif d'étudier le sous-sol profond de Mars, sa température et les vibrations grâce à un sismographe conçu par le CNES.

Les Américains sur Mars vers 2030

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Mars (source Nasa)

Avec le programme Viking, les américains de la NASA ont été les premiers à poser un engin mobile sur Mars en 1976 [1]. Dans le cadre de ce programme, deux sondes identiques, Viking 1et Viking 2, ont été lancées à un mois d'intervalle. Après s’être placée en orbite autour de la planète, chaque sonde a largué un module qui s’est posé sur le sol en douceur. Ces modules ont ainsi été les premiers à envoyer des images à haute résolution de la surface de Mars. Ils ont également fournis de nombreux éléments concernant la composition de l’atmosphère martienne.

En 1997, la mission Mars Pathfinder a déposé l’astromobile Sojourner sur le sol de Mars. Ce premier engin a parcouru une centaine de mètres et transmis 550 images ainsi que de nombreuses analyses chimiques et géologiques du sol de la planète rouge.

La sonde Mars Global Surveyor mise en orbite autour de mars de 1997 à 2006 a ensuite permis de dresser la première carte topographique de la planète mettant en évidence les différences spectaculaires entre les hémisphères nord et sud. Les images en haute définition transmises à la Terre montrent une planète tourmentée et l’existence de ravines pouvant être associées à la présence d'eau dans le passé. Son spectromètre infrarouge a en effet découvert la présence de zones où abonde l'hématite grise qui pourrait être un indice de la présence d'eau dans le passé. Un magnétisme rémanent est également constaté dans la croute de certaines régions de Mars, vestige d'un champ magnétique qui aurait existé aux premiers temps de la planète.

La sonde Mars Odyssey, est placée en orbite autour de Mars par la NASA en 2001. Elle est toujours en service et a pu mettre en évidence la présence de glace dans le sous-sol martien, dans certains cratères et surtout près des pôles où la couche de glace atteindrait 1 kilomètre d’épaisseur. Son spectromètre a identifié la présence de grandes concentrations d'olivine qui prouvent que la période sèche que connait Mars a débuté il y a très longtemps.

En 2004 la mission Mars Exploration Rover a permis de poser sur le sol martien deux astromobiles jumeaux, Spirit et Opportunity, afin principalement d’évaluer le rôle de l’eau dans l’histoire de la planète et d’identifier d’éventuelles traces de vie ou du moins les conditions qui auraient pu permettre à la vie de se développer.

La mission s’est très vite révélée prometteuse. Opportunity qui est toujours en service a déjà parcouru près de 50 km et a permis de collecter de nombreux indices confirmant la présence d’eau liquide dans le passé de Mars. Les instruments sophistiqués du robot ont pu démontrer que certaines roches analysées avaient été submergées par une mer salée ce qui est un environnement favorable au développement d’une forme de vie. De son coté Spirit a parcouru quelque 8 km entre 2004 et 2010, date à laquelle il est tombé en panne. Il a malgré tout pu identifier lui aussi des traces caractéristiques de l’effet de l’eau sur les roches martiennes mais leur analyse physico-chimique et géologique n’a pas montré de trace de submersion marine.

En 2012, les Américains ont posé l’astromobile Curiosity sur Mars dans le cratère Gale. Le véhicule avec ses 75 kg d’équipements scientifiques, également toujours actif, a déjà parcouru une vingtaine de kilomètres et envoyé de nombreuses images et données scientifiques. Il a mis en évidence, entre autres, la présence d'argiles qui n’ont pu être formées qu’en présence d'eau liquide ce qui va dans le sens d’une planète autrefois chaude et dotée d’une atmosphère dont la densité et la pression permettait à l’eau de se trouver à l’état liquide. La sonde MAVEN [2] mise en orbite martienne en 2013 commence à nous donner quelques pistes pour expliquer la disparition d’une bonne part de l’atmosphère martienne. Ce phénomène s’expliquerait par la disparition du champ magnétique martien il y a quelques 4 milliard d’années. En absence de protection magnétique, le vent solaire aurait pu bombarder de particules ionisées l'atmosphère de Mars ce qui aurait progressivement conduit à son échappement.

L'exploitation des données de mission Insight [3] lancée le 5 mai 2018 devrait fournir d’autres données sur la structure et la composition interne de Mars afin de mieux comprendre la dynamique de l’évolution de la planète.

L’envoi d’une mission humaine vers 2030 est la prochaine étape d’envergure que prépare la NASA. La fusée avec son dispositif de lancement aura une puissance telle qu’elle pourra emmener sur Mars un équipage humain dans un vaisseau baptisé Orion. D’ici là elle a également prévu plusieurs missions robotisées de collecte d’échantillons et des tests sur le sol martien pour préparer l’atterrissage des futures expéditions habitées et les prémisses d’une base martienne. Des équipes travaillent également sur la possibilité de produire sur place de l’énergie avec des piles nucléaires portables (projet « Kilopower ») pour permettre l’exploration de l’ensemble de la planète Mars y compris les régions polaires où l’eau se trouve en abondance sous forme de glace.

Un centre de recherche,  The Mars Desert Research Station , dans l’état de l’Utah étudie par ailleurs les diverses possibilités qui permettraient à l’homme de se nourrir sur Mars en faisant pousser des légumes frais dans des serres adaptées au contexte martien. A Hawaï, un autre centre de recherche simule les conditions de vie et de travail dans un environnement martien reconstitué sur le sol volcanique assez proche du sol martien. D’autres laboratoires étudient les possibilités de modifier l’atmosphère martienne pour la rendre respirable. La créativité pour « terraformer » Mars n’a pas de limite… Reste à voir si elles sont véritablement crédibles.

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[1] Si on exclut l’atterrisseur que la sonde soviétique Mars 3 avait réussi à poser sur le sol martien en 1971 et qui n’avait survécu que 20 secondes sans avoir transmis autre chose qu’une image floue inexploitable.
[2] MAVEN : Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN
[3] InSIGHT : Interior exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport

A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


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