L'électrique va impacter l'emploi

 

La voiture électrique va générer de nouveaux emplois mais elle va aussi en modifier et en supprimer d’autres.
Le moteur électrique est beaucoup plus simple et plus facile d’entretien qu’un moteur thermique avec ses systèmes annexes d’échappement et de transmission. Dans la voiture électrique la motorisation n’est plus la source principale de la valeur ajoutée. Comme pour le reste de l’économie, les composantes immatérielles liées à la voiture électrique deviennent centrales.
Avec la voiture électrique, plus de vidange, plus de pot d’échappement ou de filtres à air à remplacer : les garagistes et les professionnels de la maintenance seront de moins en moins des mécaniciens et de plus en plus des techniciens formés aux nouvelles technologies, à l’usage de logiciels pointus, à l’électronique ou à l’électrochimie des accumulateurs. Interrogé par Jean Botela pour la magazine « Capital », Eric Feunteun, directeur du programme "véhicule électrique" chez Renault illustre avec humour le nouveau paradigme technologique : "Voyez les acousticiens. Depuis que l’industrie automobile existe, on leur demandait de supprimer les bruits. A présent, avec le silence des voitures électriques, ils doivent inventer des buzzers pour alerter les passants !"

Les lycées professionnels seront rapidement amenés à revoir le contenu de la formation dispensée aux élèves.

La centaine d’usines qui fabrique des moteurs thermiques en Europe et ses quelques 110.000 salariés devront se reconvertir ou disparaître. Les équipementiers qui comme Valéo ou Conti ont anticipé le déclin du moteur à combustion et investi dans l’électronique s’en sortiront mieux que ceux qui sont restés spécialisés dans le thermique. Les stations service devront également évoluer ou laisser la place aux centres de rechargement rapide pour les batteries.

Pour le moment, les batteries et leurs composants viennent pour l’essentiel d’Asie. Cette dépendance étant une préoccupation pour les constructeurs européens, ils ont unanimement applaudi la volonté de l’Union Européenne de lancer un « plan stratégique » autour de la production de batteries pour véhicules électriques. Ce plan pourrait aboutir à la création d’un consortium dédié aux accumulateurs à l’instar de ce que fut Airbus pour l’aviation ou au lancement d’un réseau européen de production de batteries. Aux Etats-Unis, Elon Musk, le patron de Tesla, investit 2 milliards de dollars dans une unité géante de fabrication d’accumulateurs pour répondre aux besoins futurs de ses chaines de production d’automobiles électriques.

A propos

Animé par Jacques Carles et Michel Granger, tous deux ingénieurs et « Philosophiae Doctor » de l’Université de Montréal, ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.


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