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Ce site se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir.

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Le méthane responsable d'un quart du réchauffement climatique

On parle peu du méthane, pourtant c'est un gaz dont l'effet séculaire sur le réchauffement climatique, à quantité égale, est 28 fois plus important que celui du CO2. Environ 60% du méthane rejeté dans l'atmosphère provient de l'activité humaine, principalement de l'agriculture ou de l'élevage et, dans une moindre mesure, des pollutions associées à l'utilisation des énergies fossiles. Les 40% restant des émissions de méthane sont d'origine naturelle, essentiellement celles provenant des marécages et des autres zones humides.
Si la concentration du méthane dans l'atmosphère reste bien inférieure à celle du dioxyde de carbone, elle ne cesse de grimper depuis le début de l'ère industrielle dans d'inquiétantes proportions.

 

Evolution dans le temps du taux de méthane dans l'atmosphère
(source : Global Methane Budget)

Cette augmentation semble par ailleurs s'accélérer. Selon une étude publié en juillet 2020 (1) les émissions de méthane ont augmenté de 9% entre 2008 et 2017, dernière décade analysée. La quantité annuelle de méthane rejetée dans l'atmosphère atteint actuellement environ 600 millions de tonnes. La demande mondiale croissante en viande et en produits laitiers joue par ailleurs un rôle non négligeable dans l'augmentation des émissions de méthane du fait des phénomènes de fermentation lors du processus de digestion du bétail et du traitement des déjections. Cette croissante des émissions de méthane est ainsi renforcée dans les régions qui se développent rapidement, en Asie, en Amérique latine, en Afrique.  De fait les émissions augmentent partout dans le mode sauf en Europe.

 

Le méthane contribue aujourd'hui pour 23% à l'effet de serre global. Pour nombre de chercheurs impliqués dans la recherche sur ce sujet, l'augmentation de la teneur en méthane dans l'atmosphère observée ces dernières années renforcerait la probabilité des pires scénarios climatologiques avec un réchauffement pouvant atteindre 4°C d'ici 2100.
Le méthane devrait être une préoccupation aussi importante que celle concernant le CO2 conclue Marielle Saunois, du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement à Saint Quentin en Yvelines, auteur principal du rapport de synthèse d'une étude qui a impliqué près d'une centaine de chercheurs issus de 15 pays (2).

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(1) "Increasing anthropogenic methane emissionsarise equally from agricultural and fossil fuel sources", B Jackson et al., 2020, Environmental Research Letters : 15 071002
(2)"The Global Methane Budget", Marielle Saunois et al., Earth System Science Data, 12, 1-63, 2020, DOI:10.5194/essd-12-1561-2020

Le niveau des mers pourrait monter de 6 m.

 

 Depuis des millions d’années, la Terre connaît des alternances de périodes glaciaires et de périodes interglaciaires avec des variations considérables du niveau des océans. Ainsi lors de la fin de la dernière période glaciaire, il y a quelque 20.000 ans, la fonte des calottes continentales et la dilatation de l’eau sous l’effet du réchauffement climatique[1] a entraîné une formidable remontée du niveau des mers de l’ordre de 120 mètres. Au plus fort de ce processus, il y a 14.000 ans, la hausse du niveau marin a pu atteindre 4 à 5 mètres par siècle pendant 400 ans selon une étude réalisée par une équipe scientifique française, étudiant les évolutions des récifs coralliens de Polynésie[2].

Après s’être peu ou prou stabilisé pendant quelques millénaires, le niveau des mers est reparti à la hausse au cours du 19ème siècle avec une nouvelle phase de réchauffement climatique. Le phénomène semble même s’accélérer depuis quelques décennies au point que, dans son dernier rapport, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a revu à la hausse ses prévisions. Il estime à présent que le réchauffement en cours pourrait se traduire par une montée des eaux de 0,5 à 1 mètre d’ici 2100.

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