Matières premières: vers la pénurie?

En 1900, l’humanité consommait 7 gigatonnes de matières premières [1]. Actuellement nous en utilisons 12 fois plus et nous extrayons quelque 85 gigatonnes de la planète. Les pays les plus riches consomment encore en moyenne dix fois plus de matières chaque année que les pays les plus pauvres : entre 20 et 25 tonnes par an et par habitant en Europe et en Amérique du Nord, 14 en Chine, 13 au Brésil, 9 à 10 en Amérique latine et 3 en Afrique.

Selon une étude2 dirigée par Alicia Bárcena Ibarra, dans le cadre du programme des Nations-Unies pour l’environnement, si le monde continue à fournir des logements, du transport, de la nourriture, de l'énergie et de l'eau au même rythme qu'actuellement, les dix milliards d'habitants de la planète Terre auront besoin de 180 milliards de tonnes de matières premières chaque année à l'horizon 2050 afin de pouvoir 
satisfaire la demande.


Consommation mondiale de matières premières [2]
en gigatonnes

 

L'accélération de la consommation mondiale des matières premières à partir des années 2000 résulte du décollage économique des pays émergents, comme la Chine, qui connaissent des transformations industrielles et urbaines nécessitant des quantités de fer, d'acier, de ciment, d'énergie et de matériaux de construction sans précédent.

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La fin des hydrocarbures

plateforme pétrolière

Les hydrocarbures (pétrole, gaz, charbon) ont mis plusieurs centaines de millions d’années pour se former à partir des débris des êtres vivants dont la matière organique s’est transforme peu à peu en énergie fossile. Les gisements les plus anciens datent de 500 millions d’années et les plus récents de quelque 20 millions d’années. Des gisements se sont formés à presque touts les époques géologiques : à l’ère primaire (par exemple en Algérie, il y a 400 millions d’année), à l’ère secondaire (par exemple en Russie, il y a 200 millions d’années) ou à l’ère tertiaire (par exemple aux Etats-Unis, il y a 50 millions d’années). Les hydrocarbures de par leur origine ne sont présents que dans la croute superficielle de la terre et, contrairement aux métaux, ils ne sont donc pas présents dans les couches internes du manteau terrestre.
Les hydrocarbures fournissent encore à l’heure actuelle 81% de l’énergie consommée dans le monde se répartissant comme suit : pétrole (32%), charbon (28%) et gaz naturel (21%). Le reste de l’énergie nécessaire provient de la biomasse [1] (10%), du nucléaire (5%), de l’hydroélectricité (2,5%) et de diverses sources (1,5%) : solaire, éolien, géothermie, marémotrice…
L’offre annuelle mondiale des diverses sources d’énergie primaires est d’environ 14 milliards de tonnes d’équivalent pétrole. Elle a doublé durant les 30 dernières années et devrait connaître un nouveau doublement d’ici 2050 compte-tenu de l’explosion démographique et de la demande prévisible des pays émergents.
Au rythme actuel de la croissance de la consommation, les experts reconnus semblent d’accord pour estimer que le pétrole et le gaz de la Terre devraient être épuisés entre 2050 et 2080, le charbon comme l’uranium devraient l’être dans le courant du prochain siècle.

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L’Eau: un bien rare et précieux

 l'esau ressource rare

L'eau recouvre 72% de la surface du globe et la quantité d’eau présente sur Terre est estimée à 1,4 milliard de milliards de mètres cube ! La plus grande partie (97,2%) de cette eau se trouve dans les mers et les océans. L’ensemble des eaux douces ne représente donc que 2,8% du volume global dont 2,1% sous forme de glace et de neiges permanentes (glaciers, banquise, inlandsis). L’eau douce disponible ne représente au final que 0,7% du total de l’eau présente à la surface de la terre.

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La course aux terres arables

 terre arable

Sur les 13 milliards d’hectares de terres émergées de la planète, seuls 1,6 milliard d’hectares sont des terres arables, le reste est occupé par la forêt (4,0 milliards d’hectares), les prairies ou les pâturages (3,3 milliards d’hectare) et les terres inutilisables (l’antarctique, les déserts, les iles rocheuses, le zones urbaines, etc.). Les terres arables sont donc limitées.

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L’activité minière à la peine

 mine de fer

Dans le secteur minier, plusieurs indices illustrent les difficultés à venir. Par exemple, la concentration en métal dans le minerai ne cesse de diminuer depuis plusieurs décennies pour de très nombreux métaux (cuivre, or, plomb, zinc, uranium, nickel, argent, etc.). Cette baisse tendanciel le s’observe un peu partout dans le monde, quelque soit le pays d’extraction.
Le minerai doit par ailleurs être recherché dans des zones de moins en moins accessibles ou à des profondeurs de plus en plus importantes. La mine de cuivre à ciel ouvert de Bingham Cayon aux Etats-Unis atteint déjà la profondeur de 1200 mètres, la mine de Chuquicamata, autre mine de cuivre à ciel ouvert au Chili, s’enfonce de 800 mètres. La mine de cuivre, zinc et plomb du Mont Isa en Australie atteint la profondeur de 1800 mètres. Dans le nord-ouest du Québec, la mine La Ronde située dans la région de l’Abitibi, qui produit de l’or, de cuivre, du zinc et de l’argent, descend à 2200 mètres. Le record du monde est détenu par la mine d’or de Tau Tona en Afrique du sud : les mineurs mettent une heure pour descendre au fonds du puits à quelque 4 km de profondeur.
Par ailleurs les investissements nécessaires dans le secteur minier deviennent pharaoniques. Par exemple, la mine à ciel ouvert de cuivre et d’or d’Oyu Tolgoi, située dans le désert de Gobi en Mongolie, a coûté quelque 10 milliards de dollars au consortium créé par le groupe canadien Turquoise Hill Resources (66%) et le gouvernement Mongol (34%).
Ce n’est donc pas tant l’épuisement des ressources métalliques qui pose problème mais la nécessité de disposer à la fois d’un savoir-faire spécialisé, de moyens technologiques adaptés et de capitaux considérables pour l’exploration, la découverte et l’exploitation de nouveaux gisements.

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Le sable est aussi une ressource rare

sable carriere 

Le sable est d’abord utilisé, avec le gravier, dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Son usage ne se limite cependant pas à la construction des bâtiments ou des routes. Le sable siliceux est tout aussi indispensable pour l’industrie du verre, pour la filtration et le traitement de l’eau potable, pour les puces de silicium et bien en d’autres industries. On le retrouve donc, sous une forme ou sous une autre, dans nombre d’objets courants aussi variés que nos dentifrices, nos pneus, nos détergents, nos cosmétiques, nos peintures, nos téléphones et nos ordinateurs. Le sable coquillier, particulièrement calcaire, sert quant à lui pour les amendements agricoles.
Le sable et le gravier sont aujourd’hui devenus des produits alimentant un marché mondial colossal, plus important encore que celui des hydrocarbures. Pour répondre à la demande, environ 40 milliards de tonnes de sable et de gravier sont actuellement extraits dans le monde chaque année [1]. Une quantité qui représente deux fois la quantité annuelle des sédiments charriés par toutes les rivières et fleuves du monde.

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A propos

Futuroscopie se propose de collecter les nombreux signaux faibles qui annoncent déjà ce que sera demain et d'analyser les grandes forces qui sont à l’œuvre en ce début de 21ème siècle. L'objectif n'est cependant pas de prévoir ce que sera l’avenir mais plus modestement d’inciter à la réflexion pour agir collectivement et maitriser notre futur au lieu de le subir. Les contributions pertinentes sont les bienvenues.


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