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Une centrale nucléaire flottante dans l’arctique russe

crédit photo: Rosatom

Rosatom, l’Agence fédérale russe de l'énergie atomique, vient de certifier l’Akademik Lomonosov, la première centrale nucléaire flottante au monde. Dans un communiqué daté du 21 avril 2019, l’agence Tass précise que le bâtiment, ancré pour le moment à Mourmansk, pour les derniers essais à pleine capacité, sera acheminée, durant l’été 2019, jusqu’à Pevek, principale ville portuaire de Sibérie orientale, dans l’Extrême-Orient russe pour sa mise en service commerciale prévue en décembre 2019. L’Akademik Lomonosov remplacera la vieille centrale nucléaire de Bilibino datant de 1974 ainsi que la centrale au charbon hors d’âge de Chaunskaya datant de 1944. Elle fournira l’énergie nécessaire aux habitants de Perek et, au-delà, aux industries district de Tchoukotka (mines, plates-formes gazière et pétrolières).

La construction de la barge Akademik Lomonosov d’une longueur de 144,5 m, d’une largeur de 30 m et d’un déplacement de 21.500 tonnes a débuté en 2007 au chantier naval Sevmash de Severodvinsk avant de se poursuivre au Chantier naval de la Baltique de Saint-Pétersbourg avec la mise en place de ses deux réacteurs nucléaires KLT-40 d’une puissance de 35 MW chacun.
L’ Akademik Lomonosov, est arrivé en mai 2018 dans le port de Mourmansk sur la rive orientale de la baie de Kola, dans la mer de Barents, une mer de l’océan arctique, pour charger les réacteurs en combustible et réaliser les derniers tests à 100% de sa capacité avant son raccordement au réseau électrique sibérien.
Comparée aux grandes centrales nucléaires françaises dont la puissance installée est de l’ordre de 1000 MW voire bien davantage, l’Akademik Lomonosov, avec sa capacité de 70 MW, est beaucoup plus modeste mais parfaitement adaptée aux activités liées au développement de l’arctique prévu avec le réchauffement climatique : voir notre article L’Arctique, nouvel Eldorado.
En particulier, du fait de sa taille réduite et de sa technologie, l’Akademik Lomonosov peut fonctionner de façon continue pendant plus d’un an sans être rechargé en combustible, contrairement aux centrales stationnaire à eau-graphite qui doivent être alimentées en uranium de façon quasi continue.
Une centrale flottante permet aussi son remorquage dans des endroits appropriés pour sa maintenance ou à terme pour son démantèlement.
Enfin, si le risque de catastrophe ne peut être exclu, l’ampleur du désastre d’un Tchernoby flottant serait quelque peu limité du fait de la moindre quantité de combustible présent sur la barge. Nucléaire : voir aussi notre article Le crépuscule du nucléaire